Dans sa série Pantomime, Jean-Baptiste Isambert saisit l'opportunité d'explorer l'abstraction avec une liberté nouvelle, s'affranchissant des limites traditionnelles pour pénétrer l'essence même de l'image. Cependant, l'artiste reste attaché à une contrainte qui lui est chère : celle de ne pas recadrer ses photographies et de refuser toute manipulation numérique visant à créer des effets. Cette démarche s'inscrit dans une recherche plus expérimentale, où le geste artistique devient le moteur principal. À travers cette approche, l'artiste invite le spectateur à une immersion dans l'intensité des contrastes, une esthétique où la force de l'image trouve sa vérité dans sa simplicité et sa pureté.


 

Depuis avril 2017, Jean-Baptiste Isambert se consacre à l'exploration de la photographie en mouvement, une pratique qui le captive profondément et dont il perçoit les multiples potentialités artistiques. Sa série Sur le motif témoigne de son admiration sincère pour la peinture impressionniste, qu'il cherche à réinterpréter à travers l'objectif. En usant du mouvement, il parvient à suggérer un sujet tout en évitant de basculer totalement dans l'abstraction. Pour l'artiste, cette démarche consiste avant tout à "peindre avec la lumière", dans une quête constante de capturer l'instant présent, toujours en plein air, toujours sur le motif.


 

Dans cette série, Jean-Baptiste Isambert s’attache à la création de "paysages imaginaires", qu’il façonne à travers la photographie en mouvement. En arpentant la nature avec son appareil, l'artiste porte une attention minutieuse aux contrastes, aux formes et aux couleurs, éléments qui, au fil de sa pratique, se transforment en une palette vivante, digne d'un peintre. Dans une démarche contemplative, il prend le temps de saisir l'instant, pressentant un tableau qu'il capture en une unique prise, préservant la spontanéité du mouvement. En refusant de recadrer ses photographies, l'artiste valorise la contrainte du cadrage dans l'instant même, où chaque image se construit dans l’élan, entre le regard et le geste.


 

Phototropisme marque la première incursion de Jean-Baptiste Isambert dans la photographie en mouvement, une démarche née d’une frustration croissante à pratiquer une photographie documentaire, trop ancrée dans la réalité. Lors de ses études, il a été particulièrement sensible à l'œuvre des photographes pictorialistes, ces précurseurs qui élevèrent la photographie au rang de média artistique. Bien que ce mouvement n'ait duré qu'une vingtaine d'années, il demeure une véritable ouverture dans le monde de la photographie, une rupture qui libéra le médium de ses contraintes. À travers cette série, Isambert trouve en lui une adhésion profonde à certaines des valeurs fondamentales du pictorialisme.

Dans sa quête de son identité artistique, le geste s'est imposé comme une évidence. Il découvre dans cette technique une liberté immense, celle d’interpréter la réalité ou de suggérer, par l’abstraction, une réflexion plus intime. Le titre Phototropisme évoque ces organismes vivants qui, instinctivement, s’orientent vers la lumière. Isambert utilise cette métaphore comme une allégorie de la vie, une mise en mouvement vers la lumière, invitant à une réflexion sur notre capacité à nous élever, à transcender les ombres du quotidien pour atteindre une forme de vérité lumineuse.

 


La première série de Jean-Baptiste Isambert est une exploration profonde des mystères de l'existence, une quête pour saisir une réalité alternative, plus méditative. À travers son travail, l'artiste découvre que l'art peut, à sa manière, offrir des clés de compréhension du réel, à l'instar de la science, de la philosophie ou de la spiritualité. Pour lui, l’émerveillement devant la nature révèle une vérité plus intime, une réflexion sur nous-mêmes et notre place dans l’univers. Ses photographies deviennent alors des fenêtres ouvertes sur le monde, des fragments de vérité où sa propre sensibilité s’implique pleinement, dans le désir de dépasser les limites physiques de son point de vue.

Fidèle à la définition même de la photographie, qui signifie étymologiquement "écrire", "dessiner", "peindre avec la lumière", l'artiste commence ainsi à réaliser ses premiers "tableaux élémentaires", où la lumière devient le médium par lequel il cherche à traduire cette vérité silencieuse du monde.